Volontariat de Solidarité Internationale

Ce blog nous permet de vous présenter notre expérience de volontariat à Ockoruro au sud de la Bolivie.

15 novembre 2009

Typhoide, quand tu nous tiens !

Bon, bein voila, la typhoide a eu cas de ma santé fragile de petite européenne ! Fort heureusement, j'ai été vaccinée avant le départ, ce qui m'a évité de tres fortes fievres, des diahrées sans fin et une réhydratation par voie intraveineuse... Par contre, je n'ai pas échapé aux nausées, aux fortes douleurs d'estomac et au manque d'appétit pendant une bonne semaine ! Ces derniers jours j'étais dans la phase: fatigabilité, prostration, apathie ! Pas besoin de se droguer pour trouver ces états... Attraper la typhoide !

Depuis hier, je me sens un peu mieux et j'espere que tout va rentrer dans l'ordre le plus rapidement possible...

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02 novembre 2009

Toussaint a Potosí

Hier, nous avons feté Todos Santos a Potosí.

Les gens qui ont eu un décé dans l'année préparent un petit autel dans leur maison avec des bougies, des fleurs et une photo du défunt. Devant cet autel il y a de nombreuses chaises déstinées aux visiteurs qui viennent prier et partager un moment avec la famille.

Nous avons été invité chez deux familles que nous connaissons bien maintenant. En échange des visites et prieres des gens, les familles offrent de nombreux gateaux et des petits verres de boissons alcoolisées. Les familles que nous avons visité avaient fait des invitations particulieres, ce qui permet de limiter un peu le nombre de personnes... D'autres familles, accrochent un symbole noir et violet devant leur porte et tout le monde peut entrer, prier et boire et manger ! C'est a dire que tout le quartier peut débarquer chez eux... C'est une autre facon de faire, pourquoi pas.

J'ai trouvé ce jour assez sympa (quoique un peu long parfois) et j'ai aimé échanger avec les gens.

Aujourd'hui, toutes les familles vont décorer les tombes et prier. je n'ai jamais vu autant de monde devant le cimetiere !

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29 octobre 2009

Un dessin de Wilbert

Je ne suis pas Francoise Dolto mais j'aimerai prendre quelques instants afin de tenter une analyse du dessin de ce cher Wilbert.

untitled

Ce que l'on peut voir, dans un premier temps, c'est que ce charmant bambin a tenté de réaliser un portrait de ma personne. On remarque rapidement que l'auteur a voulu signifier les problemes de santé qui m'assaillent a travers deux grands yeux vitreux et une bouche ouverte aletante a la recherche d'une denrée quelconque... Ou autre interprétation possible, il a voulu symboliser par la un manque alarmant d'expression du visage dans un clin d'oeil évident a la bouche ouverte qui gobe les mouches.

Deuxieme aspect intéressant a noter: un probleme de pilosité. Bien que la barbe au niveau du menton semble fournie et soyeuse, au niveau des joues l'utilisation de petits traits secs et espacés dénote une inégalité dans l'implantation pileuse. La coiffure "raie au milieu" étant un simple rappel de l'impossibilité de donner une forme bien définie a la steppe qui couronne ma tete.

Nous avons ensuite deux bras a peu pres égaux (merci Wilbert), un bassin délimité pas des cotes saillantes et enfin deux immenses jambes fines, qui j'en suis sur ne sont pas sans lien avec le fait que l'artiste arrive difficilement a une altitude d'1 m 20 !

Nous terminerons pas apprécier les deux jolies botines aux pieds "style croco" qui dans la fantaisie exceptionnelle de Wilbert mettent surtout l'accent sur la taille excessive de mes arpions (pointure 45). Un questionnement sans réponse: parait-il si grand car ses chaussure sont compensées ?!

NB: Merci a mes parents de m'avoir donné qu'un seul prénom car Wilbert m'aurait fait faire le grand écart !

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18 octobre 2009

NOUVELLES PHOTOS

Nous avons ajouté quelques photos de la fete de l'étudiant dans le dossier Ockoruro !

N'hésitez pas a y jetter un coup d'oeil.

Bonne fin de week-end a tous.

Z

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15 octobre 2009

Et apres...

"Et apres, qu'est ce que tu vas faire?"

Et oui, déja cette question. Je commence déja a entendre les voix francaise qui viennent me chercher jusqu'ici pour me dire que dans un peu plus d'un an, il va falloir redescendre des montagnes et sur terre par la meme occasion...

"Qu'est-ce que tu vas faire de ta peau a ton retour? Quel travail ? Quelle ville ? Quel projet professionnel ?"

"Tu sais, ici c'est difficile, de plus en plus difficile. Il va falloir penser sérieusement et rapidement a ton emploi, ta bouffe, aux impots a payer, aux papiers a remplir..."

...Pour revenir bien tranquille dans la place que te réserve notre société, ou du moins a la place qu'il faudra que tu soutire a quelconque entreprise ou administration a coup de forceps !

Alors moi, je dis NON. Je dis: pas envie du tout, du tout de me retrouver comme avant ! Réaction de volontaire-type, mais finalement, ils ont peut-etre raison ! Comment peut-on penser qu'apres deux ans de vie en Bolivie, on peut ne ramener que photographies et souvenirs !

NON, cher cercle familial, je ne me jetterai pas une autre fois dans le systeme peu vertueux de la société francaise ! Je ne suis pas le premier a le dire, bien entendu, mais la encore ils avaient pas forcément tort.

Déja, avant de partir, je n'avais pas tres tres envie de ce genre de vie. Bon, j'étais étudiant, age légal pour imaginer un monde merveilleux ou l'on choisit de vivre ses aspirations, ou l'on suit ses envies... Une sorte de deuxieme crise d'adolescence.

Bon, jai choisi d'etre volontaire, d'accord. T'apprends une langue, tu sauras acquérir des compétences que feront peut-etre la "différence" un jour dans un entretien d'embauche...

Mais maintenant, c'est fini les "conneries", il est temps de prendre les choses en main et de rentrer dans le moule ou le carcan ou la peau de chagrin (termes a choisir en fonction de l'entreprise et de sa situation face a la crise)...

Et la, je suis forcé (et j'en suis désolé) de dire NON ! Je croise les bras, je boude, je fais ma tete de mule, mais j'en veux pas !

Veux pas: me lever tous les matins en esperant seulement rentrer le soir chez moi car le boulot que je fais ne me plait pas.

Veux pas: Passer plus de temps avec des gens que je n'aime pas qu'avec les gens que j'aime.

Veux pas: que mon travail devienne ma vie !

Veux pas: que cette vie soit faite d'obligations, de contraintes...

Trouver un sens a sa vie. Voila, normalement le but de chaque personne sur cette terre. On est d'accord. Ou est le sens d'une vie dans l'acceptation de passer la moitié de celle-ci a faire des choses qui ne nous plaisent pas ?!

Alors, facile a dire, difficile a mettre en oeuvre... Sans jugements sur toutes les personnes qui travaillent sans possibilités de changer de vie; je dis, moi j'ai de la chance. J'aurai ce privilege a mon retour de pouvoir prendre le temps de choisir. Je me donnerai le temps d'agir !

Sans crédits sur le dos, sans gamins a nourrir (ou sans gamins sur le dos, sans crédits a nourrir, selon le gout de chacun). Je me donne donc le temps, en refusant l'angoisse générale qui dit que le temps on ne l'a pas !

Pas le temps de réflechir, pas le temps de choisir, pas le temps de parler, pas le temps de rever ! Moi qui dans ma torpeur bolivienne possede le temps de faire tout ca, je me rends compte que le temps se prend ! Du congé sans solde a l'arret maladie (pour les plus polissons): le temps se prend.

Donc désolé les gars, j'ai besoin de réflechir un peu. Je vous laisse, je vais remplir les sceaux d'eau pour faire le linge.

C.

PS: Toujours pas d'accents sur les claviers....

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11 octobre 2009

Plus d'eau, plus d'éléctricité: la magie opere...

La saison des pluies et des orages commence, c'est donc aussi la saison des coupures d'éléctricité...

Lundi, probleme dans les canalisations d'eau et coupure générale. C'est étrange et déroutant de se retrouver sans eau. L'élétricité a aussi fait des siennes, cela me dérange moins, je trouve du charme a s'éclairer a la bougie.

Le probleme est tout de meme de taille pour les internes. Sans eau, la cuisiniere a plus de difficultés a faire la soupe, il faut aller chercher l'eau au rio... Sans lumiere, il faut vite faire les devoirs avant que le soleil ne se couche et souvent les devoirs ne sont pas finis.

Cependant, nous avons passé un super moment avec les internes ce soir la. Christophe avec les gars et moi avec les filles. Elles m'ont demandé de leur raconté des histoires "qui font peur" et j'ai donc inventé. On a eu quelques frayeurs mais on a passé un agréable moment.

Z.

PS: Désolé pour les accents.

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03 octobre 2009

La liberté s'arrete ou commence celle de l'autre...

Ils ne sont pas méchants je vous l'assure. Ils sont attachants et serviables, tous. Je viens de comprendre tous les problemes que l'on a jusqu'ici ce qui nous ennerve depuis 7 mois.

Cette simple phrase explique tout. Il n'existe pas ce genre de maxime que nous connaissons tous en France. Non, pas que tous les francais respectent ce genre de principe mais ne pas le faire est vue comme un manque d'éducation. Alors, le probleme ici n'est pas un traitement de faveur que l'on subirait mais bien le manque de prise en compte de l'autre.

Je reviens un peu en arriere. On s'est battu les premiers mois pour que les éleves ne viennent pas tot le matin frapper a la porte pour qu'on leur vende du matériels scolaires... Nous avons raler également pour assister aux réunions des profs. Nous avons crié contre les dégradations du "comedor" (salle a manger des internes) par la "junta" (parents d'eleves) durant les fetes, etc...

Autant de petites guerres et encore beaucoup de reproches a faire sur le comportement des éleves qui manquaient de civisme pour nous.

Et pourtant, je puis dire aujourd'hui que ce n'est pas leur faute. Le probleme central vient, a mon sens, d'un manque de considération de l'autre. Pourquoi ? Parce que le pere n'a pas éduqué l'enfant de cette maniere la, le pere du pere non plus, le pere du pere du pere non plus.

Alors conflit interculturel oblige, tel deux Don Quichotte mal dégrossis on s'attaque a un probleme qui n'en est pas un ici.

Si un gamin me demande (comme le mois dernier) s'il peut poser son vélo dans ma maison, ce n'est pas pour me faire monter le sang jusqu'aux cheveux; non, non, c'est parce-que pour lui c'est plus sur. Qu'importe si je vais me retrouver avec un vélo sur le lit, il n'y pense pas, il a juste entrevue une maniere plus sure de laisser son vélo pour aller a l'école.

Quand les travailleurs qui construisent le college en face de notre bicoque installent deux montagnes de sable a 3 metre de l'entrée de notre maison et une bétoneuse entre les deux, ce n'est pas pour nous bloquer le passage, c'est seulement le chemin le plus pratique pour eux.

Et ainsi de suite pour tous les détails du quotidien. Ce que je tente de vous expliquer réside seulement dans le fait qu'ici jamais personne n'a appris a se mettre a la place de l'autre. D'ou ce sentiment un peu violent de sentir justement un peu écrasé sans grande considération d'une maniere physique dans le camion qui nous amene a Ockoruro ou de maniere psychologique dans ces nombreux exemples.

Ah oui, quelque chose qu'on apprend ici et pas chez nous: le partage. Le moindre sandwich, la moindre cacahuete, le moindre fruit sera partagé entre les personnes présentent selon la formule magique: "Invita me" (tu m'invites?). En effet je n'ai jamais vu une personne refusant le partage. Comme quoi des choses a apprendre pour eux et d'autres a apprendre pour nous.

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28 septembre 2009

De la difficulté d'accepter les priorités des autres...

Comme l'a conté Christophe dans le précédent message, de grandes constructions ont lieu a Ockoruro (enfin pour l'instant de grandes destructions).

Je suis heureuse du travail qu'on fait avec les gamins et de ma vie en général en Bolivie. Ce qui me dérange et m'enrage meme, c'est le manque profond d'intéret des parents d'éleves de cette communauté !

Les rares réunions qui ont été réalisées, pour permettre aux parents de connaitre les conditions de vie de leurs enfants internes et les dépenses faites pour ces derniers, n'ont pas intéressés les quelques parents présents pressés de rentrer chez eux...

La grande majorité se fout du quotidien de leurs "wawas" (enfants en quechua) et ne prete pas beaucoup plus d'interet a leur alimentation, leurs études ou leurs problemes ! Au début je pensais qu'il s'agissait d'une discrétion mais je constate aujourd'hui un simple désinteret.

Ce qui m'enrage c'est de voir des "juntas" (unions de parents d'éleves et autorités locales) se soucier plus du "prestige" de leur communauté que du bien etre de leurs propres enfants ! Ca fait bien d'avoir un terrain de sport de plus, tandis que faire un nouveau dortoir ou un potager c'est pas tellement glorieux... Cela aurait une telle utilité pourtant !

Ces memes juntas refusent, a trois mois de la fin de l'année scolaire, de payer le gaz pour préparer les repas des internes ! Ils ont collaboré chacun une fois et la plus personne ne veut... Alors la cuisiniere devra se débrouiller "a la leña" (au bois) et tampis pour la cuisson du pain. Le gaz n'est pourtant vraiment pas quelque chose de cher, meme pour un petit salaire...

J'ai énormément de mal a comprendre et accepter les priorités de cette communauté et pourtant il faut respecter leurs choix. Je crois que c'est la ma plus grande difficulté pour l'instant.

Z.

PS: Désolé pour les accents.

Posté par manuelcane à 20:02 - Le regard de Zoé - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2009

O rage ! O désespoir !

O rage ! O désespoir! O vieillesse ennemie !

N'ai je donc tant vécu que pour cette infamie, mi mi !

Et je crie ces alexandrin au bord de ma fenetre, au bord de mon jardin, au bord de mon "rio", au bord de mon Ockoruro...

Je déclame ces vers face a la cruelle providence qui nous enleve, telle la mort drapée de noir et aveugle, les "viviendas" (logements) des professeurs. Ockoruro perd son castellano, Ockoruro perd sa tete. Ockoruro blessée mais Ockoruro libérée !

Libérée de la contrainte spaciale, guidée par le bras sans merci de la "junta" (assemblée des parents d'éleves et autorités d¿une communauté) !

En deux-deux, a trois mois de la fin de l'année scolaire, voila t-y pas qu'ils nous font l'apocalypse a la sauce bolivienne.

Les profs, tels des SDF sous le soleil, installent de nouveaux campements, dans les salles de classe... A coup de baguette magique on transforme la salle d'informatique dernier cri en petite maison coquette ou les ordinateurs vont voisiner avec la cuisine familiale de la profesora Carmen, son mari et leur deux filles. Le dortoir des enfants quant a lui devient le pavillon de la famille du professeur Ruben, etc...

Alors on fait un mur séparateur dans le dortoir des grands pour loger petits et grands dans ce dortoir devenu double. On défonce un mur pour tenter un semblant de porte, sans porte bien entendu, faut pas pousser.

Et vas-y que je te met la profesora Gaby dans la salle a manger des internes pour qu'elle professe afin de réinventer l'idée de salle polyvalente. Le comedor donc deviens salle de cours, comedor et salle d'étude. On recycle la direction en salle pseudo multimédia, on construit d'autres murs dans les cours des profs pour entasser deux classes et tutti quanti !

Pourquoi tant de remu ménage vous me demanderez ?

Mais enfin, pour le plus beau projet, les plus grands sacrifices se font toujours pour une grande cause : "Une grande CANCHA !" (= terrain de sport).

Eh oui, ca te tombe dessus comme un chuño dans l'estomac (cf, voir le poeme précédent pour prendre conscience pleinement de cette comparaison...).

Un nouveau terrain de sport, flambant neuf avec un toit pour la pluie ! Le probleme étant que nous allons je pense, dans quelques années, proposer les jeux olympiques d'Ockoruro ! En effet, avec les 5 terrains de sport, l'infrastructure du groupement scolaire Santiago d'Ockoruro devient pharaonique !

Ne nous posons pas la question de savoir s'il n'y avait pas d'autres priorités avant de construire un terrain de foot de plus car nous risquons de nous maltraiter l'ulcere a l'estomac, qui prend déja des dimensions inquiétantes...

Ne nous posons pas la question de l'hypothétique ouverture d'un nouveau college pour l'année prochaine, sachant que les effectifs ne le permette pas. Ne pensons surtout pas que 3 mois de plus d'attente aurait évité de déloger tous les profs. Ne nous arretons pas également face aux conditions de logement des internes et de l'utilité de commencer par construire un internat et un potager pour les nourrir.

Le ventre vide et entassés dans 15 m2 ils seront, mais ils pourront jouer au foot ! Alors comme dit Pierre de Coubertin "l'important est de participer".

C.

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26 septembre 2009

Le calendrier

Oui, j'avoue, j'ai fait un calendrier. Il commence le 24 février 2009 et il marque le premier jour en Bolivie. Il est fait de petits carrés symbolisant les jours. Je l'ai fait terminé le 30 septembre 2009 en souvenir du stage d'interculturalité de la DCC, qui situe a 7 mois environ le temps nécessaire a un volontaire pour réelement s'adapter...

Tiraillé entre la honte de ce genre de manoeuvre carcerale et le besoin de voir passer le temps ici... Tiraillé également entre les conseils de Marc (qui occupe la fonction de frere dans ma vie) qui me conseillait de "ne pas compter les jours" dans l'expérience d'en avoir vu le faire dans l'armée et pleurer d'etre obligé de rester une semaine de plus, et les conseils de Jean (qui occupe quant a lui la fonction d'Oncle) qui me disait que chaque jour passé est comme une petite victoire sur soi-meme (dans l'expérience quand a lui du marcheur experimenté qui vécu les affres des chemins de St Jacques de Compostelle). Dans ses nombreuses lettres, d'ailleurs, il n'oublie pas de me rapeller: "Ultreia" (Un pas de plus !).

Je l'ai rempli finalement ce calendrier, petit a petit, jour apres jour... J'ai comblé les vides des petits carrés, patiemment, comme autant de pas de plus.

Aujourd'hui qu'il est presque fini, je caresse la page et on dirait du braille. Tout est inscrit sur cette page pour moi. J'y vois les souffrances, bien sur, les joies aussi, le déchirement de quitter son monde, ses gens, les découvertes, le temps d'apprentissage, le temps d'etre sculpté physiquement par le changement de régime, les colere, les doutes, le courage retrouvé, le bon, le mauvais, le ni-bon, ni-mauvais, etc...

Et puis enfin, petit a petit, la routine qui vient. Celle, finalement d'une adaptation inesperée. Petit a petit moins tourné vers soi et de plus en plus tourné vers l'autre. Les questions changent dans la tete, c'est moins du "qu'est-ce que je fais la ? " mais un peu plus de "qu'est-ce qu'on fait demain?". Moins de "qu'est-ce que je vais manger?" et plus de "qu'est-ce qu'ils vont manger?". Alors, ca peut paraitre égoiste d'en etre passé par la; on peut se demander si j'ai bien fait de partir... Ou on peut y voir une autre maniere de vivre les choses, par la négative suremment et par la souffrance, mais je ne remet pas en question ma place ici.

Bien content d'avoir signé pour deux ans, bien heureux de me reveiller aujourd'hui avec assez de temps pour pouvoir avancer les yeux ouverts et non plus fermés vers moi-meme et ma perception. Sept mois pour s'adapter, 7 mois de survie... Mais 16 nois pour commencer a rencontrer, a voir l'autre, a profiter de cette expérience.

C

PS: Désolé pour les accents...

Posté par manuelcane à 19:54 - Le regard de Christophe - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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